Portrait d'un banquier de 29 ans quelque peu pathétique

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Le New York Observer a publié le triste constat de ce qui peut advenir d'un jeune et beau banquier au teint olive et cheveux noirs, mais au regard de chien battu , quand son métier lui bouffe la vie.

Pour tous ceux qui n'auraient pas le temps de lire intégralement le portrait de 1 200 mots de cette mystérieuse personne de 29 ans, voici notre version un peu plus concise (avec les meilleurs passages surlignés en gras). Cela vous fait-il penser à quelqu'un que vous connaissez ?

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Un récent dimanche après-midi pluvieux, un banquier new-yorkais de 29 ans était assis dans un café du West Village, mangeant des biscottes avec un cappuccino au moka et un verre de jus de pamplemousse. Je veux prendre une retraite anticipée et peut-être me lancer dans autre chose , soupirait-il.

J'ai sacrifié mes premières années à travailler très, très dur à cause de la crise, et je n'ai pas été payé en retour, ajoute-t-il. Je ne me sens pas quelqu'un de riche. Pour l'empêcher de partir l'an dernier, sa banque lui avait promis de lui accorder un bonus de 650 000 dollars, alors qu'il vient d'apprendre ce mois-ci que tout son dû sera principalement versé en actions différées ne pouvant être vendues avant longtemps.

Quand j'étais gosse, je rêvais d'aider les autres. Mais c'est beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît, poursuit le jeune homme. Vous devez faire votre travail. Vous êtes dans l'Armée, et ils vous envoient au Vietnam. Ce n'est pas une bonne guerre, mais s'ils vous disent de tirer, vous tirez. C'est très compliqué, mais les gens ne voient pas cela. J'ai un travail, j'ai essayé de le faire du mieux que je pouvais.

Il ne semble pas extraverti, pourtant il a des photos de lui torse nu sur Facebook. Sa petite amie a trois ans de moins que lui. Il aime The Economist et la house music. Il possède quelques beaux costumes Hugo Boss qu'il a achetés en solde. J'aime, dit-il, faire de bonnes affaires.

Au milieu de la décennie, il a décroché avec facilité une maîtrise en mathématiques dans l'une des plus prestigieuses universités américaines. Seuls les doctorats sont valables, tout le reste n'est que foutaises. Puis il est entré dans sa banque pour travailler sur les produits structurés, un récent, lucratif et spectaculaire coin obscur de la finance qui rassemble, saucissonne et reconditionne des mises sur des actifs comme les prêts hypothécaires ou, dans son cas, la dette corporate. J'ai des amis qui sont avocats, explique-t-il. Leur salaire d'embauche était de 200 000 dollars, quand le mien plafonnait à 85 000 dollars. Mais je ne suis pas avocat. Et je ne tiens pas à l'être. Je suis un matheux.

Au début de 2007, il a reçu un bonus de 275 000 dollars, principalement en espèces. Un an plus tard, il s'élevait à 675 000 dollars, versé cette fois-ci principalement en actions, bien qu'il soit parvenu à un salaire à six chiffres. Au début de l'année dernière, après que Wall Street ait bu la tasse, son bonus est tombé à 45 000 dollars. À quoi bon travailler vraiment, vraiment dur - mon équipe travaillait de 7 h à 21 h tous les jours, parfois le week-end - pour être payé 150 000 dollars ? J'aurais pu gagner bien plus. Ses amis ont quitté sa banque. Dans les hedge funds, si vous faites de l'argent, vous êtes payé.

Mais par la suite, son salaire a été relevé à 200 000 dollars, et on lui a promis un bonus de 650 000 dollars qu'il obtiendrait cette année s'il restait. Ce qu'il fit. Pourtant, cette somme ne s'est toujours pas matérialisée. Je considère chaque bonus comme un jackpot. Si je l'obtiens, parfait, sinon..., dit-il, hésitant, avant de se reprendre. Je veux dire que vous êtes très déçu, oui. Imaginez que vous vous retrouviez dans ma situation.

Sur un autre cappuccino, il s'exprime à propos de son envie de voyager et monter un restaurant. Son père était un ingénieur qui a fini par monter une ferme, des restaurants et une compagnie pétrolière. Il y a longtemps que je me suis dit que le jour où j'aurai assez d'argent pour travailler à mon compte, j'arrêterai la banque. Je n'aime pas travailler pour les autres.

Puis il a commencé à réfléchir sur les gens de Wall Street qui passent 14 heures par jour devant leurs écrans, ce qui l'a amené à s'interroger sur les gens en général, et plus particulièrement sur ces mères qui, le jour du Black Friday, se précipitent dans les magasins pour acheter des cadeaux de Noël. C'est comme ça, vraiment ?, se demande-t-il. C'est ce que l'humanité a créé ?

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