Ce que les candidats en finance peuvent désormais exiger des recruteurs...

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Une étude menée par le cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half auprès de 200 directeurs financiers (DAF) qui recrutent en France révèle que 69 % d’entre eux estiment les candidats plus impatients dans le processus de recrutement qu’en 2017 à la même période. Et pour cause : « Avec le retour de la croissance, les entreprises renouent avec la création d’emplois, et les candidats reprennent les commandes du marché du recrutement », observe Olivier Gélis, directeur général France de Robert Half. « L’optimisme qui en découle oblige les entreprises à accélérer les processus de recrutement sous peine de perdre des talents ».

« Le rapport de forces s’est renversé, ou plus exactement rééquilibré. Les candidats ont désormais plus de levier pour faire jouer leurs exigences », confirme Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Alexander Hughes et basé à Paris.

L’étude vient ainsi corroborer un constat général établi depuis plusieurs mois : les candidats ont repris les rênes du recrutement. En effet, si, l’an dernier, la plupart des recruteurs reconnaissaient qu’il y avait peu de visibilité sur le marché de l’emploi dans le secteur financier, notamment du fait de l’annonce du Brexit, des élections aux États-Unis et de la présidentielle en France, les perspectives semblent beaucoup plus claires aujourd’hui.

La croissance s’installe même, tout comme l’optimisme. Si l'étude s'adresse avant tout aux employeurs en leur indiquant la marche à suivre pour optimiser le processus de recrutement afin d'éviter de passer à côté du candidat idéal, elle n'en demeure pas moins riche d'enseignements pour le candidat en finance que vous êtes. Voici donc ce que vous pouvez désormais exiger de votre recruteur :

Exigez des feedbacks rapides !

L'étude conseille aux recruteurs de ne pas laisser attendre les candidats : au cours des entretiens, il faut informer clairement les candidats de la suite des événements et s’y tenir. C'est d'autant plus vrai que les candidats se montrent impatients lorsqu’une réponse tarde à venir de la part des recruteurs.

D’une façon générale, 43 % des candidats se disent frustrés par la lenteur des processus de recrutement et 34 % reconnaissent perdre tout intérêt pour le job s'ils n’ont pas de nouvelles dans les 2 semaines. D’où la nécessité pour les recruteurs d’accélérer les processus de recrutement pour attirer les talents. Et pour le candidat que vous êtes de relancer votre interlocuteur en l'absence de réponse rapide.

Exigez un poste intéressant

Pas question pour le candidat que vous êtes d'accepter un nouveau poste ne correspondant pas à vos attentes professionnelles. Une enquête salariés sur les facteurs de motivation au travail réalisée par Robert Half auprès de 1.000 salariés de plus de 18 ans en France révélait que 71% des salariés accordaient plus d’importance à l’intérêt du poste qu’au salaire.

« Au palmarès des critères de choix, je n’entends pas forcément la rémunération, bien qu’elle fasse partie de l’équation », nous confie Olivier Coustaing. « Ce sont les valeurs et la stratégie de l’entreprise qui seront étudiées en premier. Le 'projet' c’est-à-dire le contenu du poste et ses perspectives sera également déterminant. La recherche de défis et la capacité à jouer un rôle utile et aligné sur la vision de l’organisation devient le motto des candidats »

Dans le cadre d’une proposition d’embauche, l'intérêt du poste est même le premier critère pris en considération par les candidats. A vous donc de sélectionner les offres d'emplois dont le descriptif de tâches correspond le mieux à vos attentes, ce qui fera gagner un temps précieux à la fois à vous et au recruteur.

A ce sujet, l'étude conseille aux recruteurs de rédiger une description précise du poste afin d'attirer les candidats vraiment qualifiés tout en demeurant cohérent, objectif et réaliste. « Ne pas rédiger l’offre d’emploi d’un poste pour lequel peu de gens, voire personne n’est qualifiée. La personne idéale existe-t-elle vraiment ? », s'interrogent les auteurs de l'étude de Robert Half.

Négociez un meilleur salaire...

« Dans le cadre de marchés tendus, les candidats les plus compétents sont rapidement embauchés », rappelle Olivier Gélis. Dans ces conditions, et si votre niveau le permet, n'hésitez pas à négocier un salaire à la hausse. « Sur certains métiers sous tension, les enchères peuvent faire monter la rémunération négociée lors d’un nouveau poste », confirme Olivier Coustaing.

Reste à savoir quelle augmentation de salaire négocier. Dans sa dernière étude de rémunération annuelle, le cabinet de recrutement international Robert Walters indique que dans la banque, les prétentions des candidats en cas de changement de poste oscillent entre 4 % et 6 %, tandis que dans les cabinets de conseil, ils attendent des rémunérations en hausse de 4 % à 10 %.

Mais il ne s'agit là que de moyennes. En outre, la négociation salariale requiert d'être bien préparé. Ce n'est pas Thierry Krief, dirigeant et fondateur de la société NegoAndCo, enseignant en négociation sociale de l’École polytechnique et auteur de « Négociation de départ, tous les Conseils des pros » et qui a décidé de créer un cours en ligne de négociation salariale, qui affirmera le contraire...

Négociez des avantages en nature...

Une intégration bien pensée et soignée contribuera au bien-être des nouveaux entrants : ils participeront plus positivement à la culture de l’entreprise, à l’équipe, Ils s’impliqueront davantage et seront plus fidèles. Telle est l'une des recommandations de l'étude de Robert Half aux recruteurs.

« L’environnement humain et les conditions de travail pèseront dans la balance, car désormais travail doit rimer avec épanouissement, afin de garantir un engagement optimal », précise Olivier Coustaing.

Au nom de votre futur épanouissement dans l'entreprise, n'hésitez donc pas à négocier des avantages en nature, d'autant plus que la palette d'avantages sociaux et de conditions de travail proposée par les grandes banques est parfois impressionnante, allant de remises accordées aux collaborateurs sur les services/produits de la société jusqu'à. la contribution de l’employeur pour la garde des enfants en passant par le remboursement d’une affiliation dans un centre de fitness.

Enfin, restez vigilant...

Attention toutefois : ce n'est pas parce les candidats en finance sont en position de force qu'ils doivent tout se permettre, bien au contraire. Pas question de gonfler les biceps et de vous prendre pour Superman. Contexte porteur ou pas, les recruteurs contrôlent les références et le background des candidats qu'ils reçoivent en entretien.

« Vérifier les références des candidats n’est pas une étape à prendre à la légère. Il peut s’avérer crucial de bien s’assurer d’avoir trouvé le bon collaborateur », conseillent ainsi les auteurs de l'étude de Robert Half. Vous voilà prévenu. A vous de jouer maintenant...

Crédit photo : kickimages / gettyimages

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