L’heure de briser l'hyper-élitisme des banques françaises

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L’heure de briser l'hyper-élitisme des banques françaises

Y a-t-il un frein à la promotion des étrangers dans les banques françaises ?

Après un premier semestre difficile, certaines des plus grandes banques françaises revoient leur approche. Les traders et structureurs autocall de SocGen sont tombés de leur piédestal à la suite des lourdes pertes du début d’année, qui poussent la banque à repenser son activité de dérivés actions ; Natixis s’est séparée de son DG François Riahi, après des pertes similaires en dérivés actions et semble opter pour une trajectoire moins risquée sous la direction de son nouveau CEO Nicolas Namias. D’aucuns cependant laissent entendre que les banques françaises pourraient avoir besoin d’un bouleversement plus profond, qui impliquerait dans les faits qu’elles deviennent… moins françaises.

« Dans une banque française, vous ne pouvez accéder à une promotion que si vous êtes issu du bon cercle social, » indique un managing director d’une banque française à Londres. « Il faut être passé par les bonnes Grandes Ecoles – un peu comme à Londres auparavant, jusqu’à ce que les Américains n’y mettent un terme. »

L’ « hyper-élitisme » des banques françaises a été souligné l’an dernier dans un rapport publié par des universitaires de la Sorbonne et de Toulouse Business School. Leurs recherches ont conclu que l’accession aux plus hauts postes dans les entreprises françaises, banques comprises, implique souvent a) de faire partie de l’establishment français – après un cursus en Grandes Ecoles et b) d’avoir effectué l’essentiel de sa carrière dans la même société. Sans ces deux critères, il peut être difficile de gravir les échelons.

Un trader français ajoute que la progression de carrière ne tient pas tant à la nationalité qu’au fait d’avoir les bons sésames sur son CV. « Le passage par une Grande Ecole est incontournable – que ce soit une école d’ingénieurs, une école de commerce comme HEC ou ESCP, ou l’ENA. Et avant la Grande Ecole, mieux vaut avoir suivi une classe préparatoire au bon endroit. » Avec souvent une préférence pour Sainte-Geneviève à Versailles.

Ceux qui ont exercé dans le système bancaire français insistent en outre sur la nécessité de parler couramment la langue pour pouvoir viser le haut de l’échelle. « Peu de gens dans les banques françaises parlent très bien anglais ; de ce fait, la communication se passe naturellement en français. C’est un vrai problème, à moins de trouver un étranger parlant parfaitement le français. »

Certains pensent que si les banques françaises étaient plus réceptives à l’idée de promouvoir des non-francophones et des personnes formées hors du système éducatif français, elles auraient accès à un plus large vivier de talents. Les choses sont peut-être déjà en train de changer : Natixis vient de promouvoir Simon Eedle au poste de Senior Country Manager au Royaume-Uni, reportant à Stéphane About, CEO EMEA (hors France) de la division Corporate & Investment Banking. Simon Eedle, entré en fonction le 1er juillet, a effectué l’essentiel de sa carrière dans des banques françaises, après des études au Reading College of Technology de l’autre côté de la Manche.

Photo by Stephanie LeBlanc on Unsplash

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