Le banquier français le plus en vue de retour sur le marché

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Le banquier français le plus en vue de retour sur le marché

Tout un symbole de la carrure de Jean-Pierre Mustier

Voilà qui est un peu délicat. Jean-Pierre Mustier – l’un des banquiers les plus compétents au monde, candidat externe préféré du conseil d’administration d’HSBC en février dernier pour occuper le poste de CEO – sera bientôt libre de tout engagement. Le poste a depuis été pourvu en interne, suite à la nomination de Noel Quinn, qui a toujours un peu fait figure de solution de repli.

Si Jean-Pierre Mustier n’a jamais reçu de proposition formelle d’HSBC, il avait bien de sérieuses chances d’obtenir le poste. Le 20 février 2020, Bloomberg annonçait qu’il était le ‘candidat’ extérieur favori pour devenir le prochain CEO du groupe britannique mais que le conseil d’administration d’HSBC hésitait encore entre lui et Noel Quinn. Trois jours plus tard, le Financial Times indiquait que Jean-Pierre Mustier s’était ‘retiré de la course’ lors d’un entretien téléphonique le dimanche soir avec Mark Tucker, le président du conseil d’administration d’HSBC. Il aurait apparemment hésité à rejoindre Londres aux premiers stades de la pandémie et souligné sa volonté de rester chez Unicredit, où il était « pleinement concentré » sur la mise en œuvre de sa stratégie ‘Team 23’. Noel Quinn avait ensuite été nommé en mars au poste de CEO d’HSBC Group.

Neuf mois plus tard, Noel Quinn est à la barre d’HSBC et Jean-Pierre Mustier quitte Unicredit. Il déclarait hier qu’au vu des intentions d’Unicredit de ne plus suivre le plan stratégique Team 23, il quitterait ses fonctions pour permettre au conseil d’administration d’élaborer une nouvelle stratégie. D’après le Financial Times, la sortie de Jean-Pierre Mustier fait suite à une réunion tendue du conseil d’administration dimanche soir et à des désaccords de longue date quant à son refus d’acquérir Monte dei Paschi di Siena comme le demandait le gouvernement italien, et à sa décision d’héberger ses actifs étrangers dans une structure allemande.

Le départ de Jean-Pierre Mustier ne sera pas immédiat : il est prévu pour avril 2021, à l’expiration de son mandat. Néanmoins, sa disponibilité imminente pourrait suffire à générer quelque inquiétude du côté de Noel Quinn. Tout comme elle pourrait attirer l’attention d’autres banques en quête potentielle d’un nouveau CEO.

A 59 ans, Jean-Pierre Mustier est une pointure. Pressenti par le passé pour prendre les rênes de Deutsche Bank, l’ancien patron de la banque de financement et d’investissement de SocGen était à la tête d’Unicredit depuis 2016, et s’était attaché à restructurer la banque italienne, supprimant au passage 14 000 postes. Le prix de l’action Unicredit avait progressé de 30% en 2019. Il a depuis été divisé par deux cette année.

Que fera Jean-Pierre Mustier après Unicredit ? Dans sa déclaration, la banque italienne indique qu’il se retire. De son rôle, certes, mais sans doute pas pour mettre fin à sa carrière. Le moment est mal choisi : les banques européennes comme Deutsche Bank, HSBC, Credit Suisse et UBS ont toutes déjà nommé de nouveaux CEO et ne devraient pas avoir de besoins dans ce domaine. Jean-Pierre Mustier pourrait remplacer Jes Staley chez Barclays, même si celui-ci a souligné en octobre qu’il restait à son poste. Mais les CEO titulaires auront sans doute une pression un peu plus forte qu’à l’habitude tant que Jean-Pierre Mustier sera libre de tout engagement : une star attend sur le banc de touche, prête à entrer en jeu à leur place.

Crédit photo : Simone Pellegrini  sur Unsplash

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