« Certains des meilleurs quants avec lesquels j’ai travaillé n’avaient qu’une licence »

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« Certains des meilleurs quants avec lesquels j’ai travaillé n’avaient qu’une licence »

Jeffrey Ryan a rencontré de nombreux quants pour des entretiens. Actif depuis 20 ans en finance quantitative dont sept ans au sein du hedge fund Citadel, il a vu sa fonction de quant évoluer des missions standard vers un desk de finance quantitative à part entière. Si quelqu’un est bien placé pour savoir ce qui fait la réussite d’un quant, c’est probablement lui. Et quand il indique que les quants n’ont pas nécessairement besoin d’autres diplômes qu’une licence, les aspirants quants pourraient vouloir en prendre bonne note.

« Certains des meilleurs parmi tous ceux avec qui j’ai travaillé – même en recherche, n’avaient qu’une licence et rien de plus, » raconte Jeffrey Ryan depuis sa base de Chicago, où il travaille à monter une nouvelle structure de conseil quantitatif. « Ils sont capables d’être plus agressifs dans l’approche des problèmes auxquels ils s’attaquent. »

Faut-il en déduire que vous pouvez passer l’étape du Master en Ingénierie Financière ou du doctorat ? Pas si vite. Pour Jeffrey Ryan, le problème de la seule licence pour un quant réside dans la difficulté à décrocher un premier job. « Ce n’est pas qu’il faille avoir un doctorat pour réussir – je dirais même que c’est presque l’inverse, » précise-il. « Mais c’est le diplôme qui en général vous donne les compétences supplémentaires et vous ouvre les portes de l’emploi. »

Jeffrey Ryan n’est pas fan des cursus courts de Masters en Ingénierie Financière qui ont fleuri ces dernières années. S’il admet qu’ils forment d’excellents éléments, il est arrivé à la conclusion que les titulaires de ces diplômes ne sont pas toujours préparés à devenir quants dans la vraie vie. « Vous pouvez embaucher les meilleurs jeunes diplômés à la sortie de leur école, et pourtant, c’est comme s’ils partaient de rien. Ils peuvent avoir d’excellents process de recherch, mais dès qu’ils se trouvent dans une configuration hors norme, ils peuvent avoir du mal à résoudre un problème. – Ils y parviennent, parce qu’ils sont brillants, mais cela peut prendre du temps. »

Jeffrey Ryan fait écho aux recruteurs qui trouvent les titulaires de doctorat plus proches du produit fini. « Les titulaires de doctorat ont plus de compétences pour maîtriser les processus de recherche indispensables pour réussir, mais même eux peuvent avoir besoin d’un temps d’apprentissage au démarrage. »

Le problème des quants dans un hedge fund opérationnel par rapport à l’éducation tient au fait que dans la vraie vie, les choses ne sont pas toujours aussi carrées, poursuit Jeffrey Ryan. « Les gens n’arrivent pas avec les compétences que les entreprises demandent en réalité. Ils maîtrisent les maths, mais ne comprennent pas comment les appliquer quand le problème principal est d’avoir un téraoctet de données non filtrées ». Même en payant un fournisseur de bases de données pour qu’il la prépare pour vous, il reste nécessaire de les guider pour organiser les données dans le bon format. « Les fournisseurs de bases de données ne comprennent pas comment les données sont utilisées. – C’est à nous de les gérer. Et cela peut prendre beaucoup de temps et mobiliser beaucoup de capacités intellectuelles. »

Les titulaires de doctorat fraîchement embauchés peuvent aussi avoir des problèmes d’adaptation à certains contextes : ils excellent à trier des types de données individuels, mais se révèlent beaucoup moins performants dès lors qu’il s’agit de trier de multiples sources de données disparates, ajoute Jeffrey Ryan. « Les étudiants de doctorat peuvent être très bons dans l’observation d’une source de données sur de longues périodes, mais quand on considère des dizaines de sources de données en un mois, les compétences sont différentes » dit-il. « Le rythme est beaucoup plus soutenu. »

Voilà pourquoi, si vous êtes quant titulaire d’une simple licence mais que vous passez beaucoup de temps à apprendre à travailler vite avec divers groupes de données pour résoudre les problèmes du monde réel, vous pourriez booster votre employabilité – à partir du moment où vous êtes convié à un entretien d’embauche. Jeffrey Ryan conseille de passer du temps sur Kaggle ou QuantConnect, et de mettre en lumière quelle a été votre contribution à la résolution d’un problème : « Bon nombre de ces sites utilisent des équipes pour la résolution de problèmes, et il peut être difficile de discerner qui a fait quoi. »

Il en arrive à la conclusion que la difficulté à recruter des quants junior immédiatement opérationnels représente un coût pour de nombreux fonds. « C’est une vraie barrière, et il est très étrange que cela perdure. »

Crédit photo : JodyHongFilms sur Unsplash 

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