A 28 ans, ils refusent de travailler pour 380 000 euros annuels et se voient offrir 466 000 euros…

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A 28 ans, ils refusent de travailler pour 380 000 euros annuels et se voient offrir 466 000 euros…

Ce n’est peut-être pas la meilleure stratégie à long terme, elle n’est peut-être pas infaillible, et ce n’est sans doute pas le moyen le plus correct d’améliorer votre rémunération, mais force est de constater que les pleurnicheries d’un autre temps restent d’actualité ; et si le moment est bien choisi, cela peut encore fonctionner. Pour preuve, des associates d’Apollo Global Management se seraient vu proposer une prime exceptionnelle d’environ 200k $ - soit près de 170k €, conditionnée à leur engagement de rester dans l’entreprise au moins jusqu’en septembre 2022.

Business Insider rapportait le 24 mars qu’Apollo proposait des primes de fidélisation de 100k, 150k et 200k $, respectivement, à ses associates de première, deuxième et troisième année. La démarche fait suite aux révélations selon lesquelles 7 des 30 associates d’Apollo à New York auraient quitté le navire en trois mois, au motif qu’ils travaillaient 20 heures par jour et passaient le plus clair de leurs nuits à travailler en solitaire jusqu’à 3 heures du matin.

Les départs des associates d’Apollo n’ont a priori rien avoir avec un besoin d’argent. Un ancien associate confiait quelques jours plus tôt à Business Insider être parvenu à la conclusion que ce mode de vie était tout simplement toxique : « Je me disais ‘je ne veux pas passer ma vie à ça. Peu importe combien je suis payé.’ » Quoi qu’il en soit, l’entreprise semble vouloir mettre les bouchées doubles depuis l’arrivée de son nouveau CEO Marc Rowan : les associates de première année, qui touchaient auparavant 450k $ - soit un peu plus de 380k €, sont maintenant payés 550k $ / 466k €.

Les augmentations de salaires marquent un changement de ton par rapport à la semaine précédente. Les hauts responsables d’Apollo se déchaînaient alors contre les démissionnaires, soulignant que « certains étaient loin d’être à la hauteur » et s’essayaient à des calculs complexes pour démontrer que le turnover n’avait rien d’extraordinaire. Il semble qu’après quelques vérifications, ils aient depuis concédé l’existence d’un réel problème, et qu’ils risquaient de perdre des éléments auxquels ils tenaient.

D’après des sources internes, tous les associates ne sont pas concernés par ces propositions de prime – ou du moins pas encore. On peut supposer à ce stade que la direction concentre ses efforts sur les collaborateurs qu’elle souhaite conserver, ou peut-être aussi que le programme est déployé progressivement - il semble en effet que Matt Nord et David Sambur, qui dirigent conjointement le private equity, prennent la peine d’appeler chacun personnellement. On peut imaginer qu’ils saisissent l’occasion d’avoir une conversation de type « nous nous préoccupons de vous », l’essentiel du problème n’étant apparemment pas tant le mal-être physique que le sentiment croissant parmi les associates que personne ne respecte plus leur temps.

Il reste intéressant pourtant que la réaction d’Apollo se traduise par une offre financière plutôt que par une protection renforcée des week-ends non travaillés, une réduction du volume des pitch books, des vélos d’appartement Peloton ou l’accès à un podcast très spécial sur la Pleine Conscience. Cela envoie clairement un certain nombre de messages. De toute évidence, c’est un infléchissement. Il est facile de dire que l’année en cours est exceptionnelle et de donner des interviews toutes plus enthousiastes les unes que les autres sur le volume d’activité ; mais parvenir à gérer les problèmes des juniors en lâchant quelques millions de dollars fait figure de signal autrement plus crédible.

C’est aussi mettre la pression sur les concurrents en private equity dont le nombre d’associates serait bien plus important, et qui auraient pu s’engager auprès de leurs actionnaires à réduire les coûts. Le secteur est soumis à quelques tensions depuis l’annonce des enveloppes allouées aux bonus pour 2020, alors que les CEO divers et variés racontent à certains que l’activité n’a jamais été aussi florissante et à d’autres, qui lisent les mêmes quotidiens, de se préparer à des bonus décevants. Si Apollo opte pour le partage des richesses, faut-il s’attendre à des versements plus généreux au premier trimestre ?

Avant tout, l’argent envoie un message aux employés à qui il est destiné : tout ce tapage autour du manque de sommeil, des boss irrespectueux et du temps réservé à la vie de famille serait surtout une façade. Si à moins de trente ans, vous êtes prêts à vous laisser acheter pour une somme à six chiffres, nul doute que votre choix est fait – inutile de venir parler de l’équilibre vie pro/vie perso ou des principes de l’ESG dans dix ans : les gens en déduiront automatiquement que vous cherchez à vous faire acheter avec un chèque à sept chiffres. Tous ceux qui ont accepté les postes les plus convoités des services financiers ont vendu leur âme au diable ; Apollo met la main au portefeuille essentiellement pour leur rappeler que le contrat ne comporte pas de clause qui leur permette de retrouver leur âme.

Crédit photo : Giorgio Trovato sur Unsplash 

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