Le pire endroit pour être banquier d’investissement

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Le pire endroit pour être banquier d’investissement

Si vous avez l’impression que les temps sont durs en banque à New York ou à Londres, peut-être devriez-vous savoir qu’il y a pire : vous pourriez être banquier en Arabie saoudite.

Les banques étoffent leurs structures saoudiennes. Ce mois-ci, Goldman Sachs a recruté Omar AlZaim, jusqu’alors executive director chez Citi, pour lui confier la direction de sa banque d’investissement en Arabie saoudite. Il remplace Eyas AlDossari, parti rejoindre le fonds souverain local.

Pour qui voit plus loin que le manque d’alcool, l’entrave à l’émancipation des femmes et l’assassinat de journalistes apparemment commandité par l’État, l’Arabie saoudite présente quelques avantages pour les banquiers. Le gouvernement saoudien est en passe de privatiser des actifs qui, il l’espère, permettront de lever 55 milliards de dollars, et a mis au point un nouveau régime de privatisation en juillet 2021. Les banques occidentales prennent déjà part au jeu : Moelis & Co. travaille de concert avec Saudi Aramco à l’élaboration d’une stratégie afin de vendre des parts dans ses filiales par exemple.

L’activité génère une demande de recrutement en hausse, mais les banquiers convaincus qu’il y a de l’argent à se faire en Arabie saoudite vont au-devant d’une déception : les clients saoudiens ne paient pas.

D’après Bloomberg, les clients saoudiens sont connus de longue date pour ne payer qu’une faible proportion des commissions facturées aux clients ailleurs dans le monde. Quand HSBC a travaillé en 2014 à l’introduction en bourse de la plus grande banque du royaume, qui avait permis de lever 666 milliards de dollars, elle n’a engrangé que 6,7 millions de dollars de commissions, soit 0,1% du montant. Dans la même veine, les banques (parmi lesquelles HSBC et Morgan Stanley) actuellement impliquées dans l’introduction en bourse des services internet de Saudi Telecom se partagent tout juste 12 millions de dollars de commissions, soit 1,3 % de la valeur de l’offre, alors qu’elles ont généré 125 milliards de dollars de commandes.

À titre de comparaison, les commissions d’introduction en bourse aux Etats-Unis et en Europe sont plus proches de 5% de la valeur de l’offre. Si vous êtes prêt à travailler comme jamais pour une rémunération en proportion très modeste, dans un pays où vous pouvez être condamné au fouet pour avoir bu une goutte d’alcool, à vous de voir…

 

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