Ces postes en finance à plus de 350k € annuels presque impossibles à pourvoir

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Ces postes en finance à plus de 350k € annuels presque impossibles à pourvoir

S’il est bien une chose à retenir du Digital Asset Summit de Londres la semaine dernière, c’est bien que les acteurs de l’univers crypto partout dans le monde sont en pleine expansion. Et s’il en est une autre, c’est que trouver les bonnes personnes n’a rien d’évident.

Les postes et produits en crypto et finance décentralisée sont aussi disparates que ceux en services financiers traditionnels : il y a des postes en trading, en contact direct avec les clients, en gestion de projet, en data et – plus que tout, en ingénierie. Il y a des entreprises en finance décentralisée centrées sur la conservation et les paiements, et d’autres axées sur le prop’ trading, la tenue de marché ou le prime brokerage. Comme le souligne Oliver von Landsberg-Sadie, ancien responsable mondial de l’évaluation du crédit chez Barclays, devenu un pionnier du crypto, tout ce qui existe dans le monde de la ‘finance traditionnelle’ finira par se dupliquer dans celui de la finance décentralisée. « Le trading spot a été la première réplication de la finance traditionnelle, » dit-il. « Il a été suivi par l’évolution des dérivés, qui se développe dans le monde de la finance décentralisée. » Octobre a ainsi vu l’avènement du premier ETF lié au bitcoin.

La finance décentralisée compte de grands acteurs comme Coinbase, qui emploie près de 3 000 personnes. On y trouve aussi une multitude de sociétés plus modestes, comme BCB Group – celle d’Oliver Landsberg-Sadie, qui fournit des services de transaction bancaire et paiement au secteur crypto. Toutes affichent une croissance exponentielle ; et toutes déclarent embaucher.

« Quand je suis arrivé dans la boîte il y a deux ans et demi, nous étions 35, » raconte Cameron Dickie, responsable vente EMEA pour le courtier en crypto-monnaies B2C2. « Nous sommes 120 aujourd’hui, et cette croissance va se poursuivre. » Coinbase a recruté 600 personnes au cours du dernier trimestre. D’autres sociétés plus petites, comme CrypPro et Dexterity Capital, sont en passe de doubler en taille. BCB à elle seule veut doubler ou tripler la taille de son équipe technique durant l’année à venir. En 2021, la banque d’investissement crypto Galaxy Digital a augmenté ses effectifs de 130% et emploie aujourd’hui 510 personnes.

L’expansion de l’espace « crypto natif » n’est pas passée inaperçue auprès des acteurs de la finance traditionnelle – certains en avaient déjà conscience depuis un moment, d’autres commencent tout juste à en prendre la mesure. Thomas Uhm, de l’équipe Global Crypto Institutional Sales & Trading de Jane Street, confie avoir commencé il y a quatre ans à monter l’équipe crypto de trading électronique. À l’autre extrémité du spectre, Bank of America n’a lancé sa première recherche crypto qu’en octobre 2021.

Avec l’explosion des postes en finance décentralisée, tout le monde veut des candidats avec une expérience du secteur, et les premiers à avoir franchi le pas y voient enfin la validation de leurs choix de carrière. Jonathan Cheesman, ancien vendeur FX chez Barclays, Goldman Sachs et HSBC, raconte que lorsqu’il a quitté la finance traditionnelle pour la finance décentralisée en 2018, il a dû refaire tout le parcours pour pouvoir « nourrir la famille ». En mai 2021, il a rejoint la plateforme de trading de produits dérivés crypto FTX pour vendre ses services aux institutionnels et faire office de « pont entre la finance traditionnelle et les crypto natives. » Les temps ont bien changé.

Pour Jonathan Cheesman, la pandémie – et plus particulièrement les « politiques de l’extrême » et la rhétorique de « guerre » des gouvernements face à cette pandémie – a agi comme un catalyseur à l’origine de ce changement. « C’est ce qui a littéralement déclenché l’étincelle, » dit-il. « Satoshi a publié son livre blanc – il a développé le bitcoin parce qu’il pensait que la réponse monétaire à la crise financière prenait une telle ampleur que les banques ne pourraient jamais revenir en arrière. » Satoshi prédisait une nouvelle vague d’influx inévitable face à la prochaine crise. La pandémie a concrétisé cette crise dans son ensemble, ajoute Jonathan Cheesman. Ce fut le moment où « les institutionnels ont fini par dire oui. »

Avec l’arrivée des capitaux institutionnels dans l’espace crypto, les cryptomonnaies natives devraient voir baisser la volatilité des jetons déjà établis comme bitcoin, ether ou SQL chute, créant un cercle vertueux au sein duquel l’implication des structures institutionnelles dans la finance décentralisée ne peut que croître. « Dans les deux ou trois ans à venir, les banques auront complètement changé de position par rapport au crypto, et cela induira de profonds changements, » prédit David Olsson, responsable mondial de la distribution institutionnelle chez BlockFi et ancien trader chez Caxton et Merrill Lynch. A ce stade, le système de la finance décentralisée est à la fois fragmenté et relativement illiquide, dit-il, mais plus les institutions s’impliqueront, plus la volatilité sera amortie et les anomalies du marché disparaîtront. Boris Bohrer-Bilowitzki, Chief Revenue Officer chez Copper, qui fournit aussi des services de conservation et prime brokerage pour les actifs numériques (il y en a quelques-uns), compare l’état actuel de l’évolution du marché crypto à celui du marché actions dans les premières années du siècle dernier. – La plupart des investisseurs venaient du détail, jusqu’à ce qu’arrivent les capitaux institutionnels.

Si les prédictions s’avèrent correctes, la demande pour les experts en finance décentralisée ne manquera pas d’exploser. Les teneurs de marchés et prop traders spécialisés déclarent être déjà contraints de proposer des packages exceptionnels pour attirer les candidats. – Dexterity annonce des niveaux de rémunération équivalents à ceux de Jane Street, connue pour payer même ses traders les plus juniors au-delà de 350k € tout compris. Les 510 employés de Galaxy Digital se sont partagés cette année 182 millions de dollars – plus de 160 millions d’euros – soit une moyenne de 316k € par tête.

Il est difficile de recruter en crypto, mais les candidats potentiels ne manquent pas. Le vrai problème, c’est de trouver des gens avec une première expérience en crypto, doublée de capacités exceptionnelles en mathématique et codage. Les profils idéaux sont souvent déjà en poste chez les concurrents crypto, d’où la difficulté de pourvoir les postes et la banalisation de la guerre sans merci pour faire monter les enchères. Pour l’instant, toutefois, il est encore possible de se frayer un chemin depuis la finance traditionnelle. Cameron Dickie chez B2BC confie recevoir un flot continu de cinq à dix CV par semaine de la part de traders et vendeurs en banque déterminés à franchir le pas, et qu’il est prêt à les embaucher. « Les postes de vente en crypto sont appelés à se multiplier, » prévoit-il. « C’est encore un secteur au stade de l’artisanat comparé à la finance traditionnelle, mais la fuite des talents est à sens unique. »

Crédit photo : note thanun sur Unsplash

Contact: sbutcher@efinancialcareers.com in the first instance. Whatsapp/Signal/Telegram also available (Telegram: @SarahButcher)

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