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Travailler en hedge fund multi-stratégies ? Tout le monde ne survit pas

Natalie Basiratpour est recruteuse, investie d’une mission. Une mission d’autant plus difficile qu’elle va à l’encontre de l’opinion dominante : Natalie Basiratpour veut alerter contre le postulat selon lequel les postes dans les grands hedge funds multi-stratégies constituent l’apogée des carrières dans les services financiers. Car ce n’est pas le cas, insiste-t-elle. Et celles et ceux qui font tout pour y parvenir se heurtent souvent à l’échec.

« Ces postes génèrent un turnover permanent, » nous confie Natalie Basiratpour. « Les gens sont souvent prêts à tout pour partir en buy side et les fonds multi-stratégies font des offres attractives. Mais peu y restent plus d’un an. Certaines de ces plateformes ne parviennent à retenir qu’une petite minorité des gestionnaires de portefeuille qu’elles embauchent. »

Cette accusation a été démontée par ces plateformes multi-stratégies par le passé, et elles l’ont démentie avec persévérance. Pourtant, il est utile d’y revenir en 2023. Après des années de performance et de croissance solides pour les principales plateformes multi-stratégies comme Citadel, et dans une moindre mesure, Millenium, Point72, Balyasny et ExodusPoint, de nombreuses plateformes sont plus aujourd’hui de grandes entreprises que des acteurs de niche. Elles emploient des milliers de personnes et se développent rapidement. Sans compter qu’au moment où les banques versent des bonus pour le moins décevants, de nombreux traders en sell-side sont tout à fait susceptibles de vouloir les rejoindre.

Nous avons demandé à plusieurs de ces plateformes multi-stratégies de nous fournir des informations sur l’ancienneté de leurs gestionnaires de portefeuille. Toutes ont refusé de commenter, mais il est intéressant de noter que les mouvements au sein de ces plateformes ne sont pas toujours aussi incessants. Chez Citadel par exemple, plus de la moitié des 80 gestionnaires de portefeuille de l’activité Equities sont arrivés à leur poste par le biais des promotions depuis les rangs d’analyst et associate.

Il n’y a d’ailleurs pas que la formation et les tentatives de retenir les juniors – la plupart des grands noms du secteur recrutent également des chercheurs et des traders expérimentés au sein des banques d’investissement pour des postes d’analystes et gestionnaires de portefeuille. C’est par exemple le cas de Balyasny, qui a augmenté ses effectifs de 150 analystes et 44 gestionnaires de portefeuille l’an dernier, tandis qu’ExodusPoint intégrait 35 gestionnaires de portefeuille supplémentaires. Citadel n’a pas donné de chiffres sur ses nouvelles embauches, mais pour une année où le fonds a atteint un record de bénéfices avec 16 milliards de dollars, les nouveaux gestionnaires de portefeuille sont arrivés en nombre, en provenance de la concurrence comme des banques d’investissement.

Natalie Basiratpour est catégorique : sur l’ensemble de ces plateformes multi-stratégies, bon nombre des nouvelles recrues ne tiennent pas la distance et le rêve d’intégrer ces mêmes plateformes a son revers de la médaille. « Les grandes plateformes allouent souvent du capital sur une base mensuelle ou trimestrielle, » dit-elle. « Si vous n’êtes pas à la hauteur, vous aurez moins de capital à l’avenir. C’est très difficile de sortir de cette spirale. »

L’avertissement de Natalie Basiratpour fait écho à celui de Brent Donnelly sur ce site l’été dernier. Cet ancien trader en banque et hedge fund nous confiait alors que certaines de ses connaissances parties en hedge fund avaient un taux de réussite d’environ 40%, et que les gestionnaires de portefeuille qui réussissent vraiment restaient des cas particuliers. En hedge fund, toute perte est « une camisole de force qui se resserre lentement, » nous disait-il : « Même avec un stop loss à 4 millions de dollars, c’est très difficile de trader correctement très en amont, car il vous faudra réduire la taille de votre position pour éviter la fameuse tape sur l’épaule qui fait figure d’avertissement. » Une fois qu’un gestionnaire de portefeuille a subi une perte, elle s’auto-alimente, explique-t-il : « l’un des principaux points négatifs à partir en hedge fund est qu’il y a peu de latitude. Si vous avez de la chance la première année, c’est bon. Mais si vous tombez mal ou que vous manquez de chance, ce peut être très dur. »

Brent Donnelly parlait des fonds dans leur ensemble, mais pour Natalie Basiratpour, les hedge funds dirigés par un seul individu peuvent constituer une option plus sûre. « Plutôt qu’une plateforme multi-stratégies, le Saint Graal aujourd’hui est de travailler pour un fonds plus petit, avec entre 1 milliard et 20 milliards de dollars d’actifs sous gestion, » affirme-t-elle. Peut-être parce que ce sont justement ses clients… mais elle précise que les fonds dirigés par une seule personne ne retirent en général pas de capital chaque trimestre aux gestionnaires de portefeuille les moins performants, et que ce sont plutôt des endroits où il fait bon travailler dans la durée : « cela peut demander un an ou deux pour arriver au même niveau de rémunération que chez les plateformes multi-stratégies, mais votre poste sera bien moins en danger et vos revenus sur dix ans seront souvent plus élevés, » ajoute-t-elle avec insistance.

Tout le monde ne partage pas son point de vue. Pour un autre recruteur missionné par les multi-stratégies, la perception du turnover incessant n’est plus d’actualité depuis que les fonds s’attachent à encadrer et motiver leurs employés, dont le recrutement devient de plus en plus coûteux : « au cours des 18 derniers mois, le taux de rétention en multi-stratégies a été multiplié par dix ! », dit-il.

Pour Natalie Basiratpour, les traders sell-side qui hésitent encore à franchir le pas devraient se poser une question avant toutes choses : « il vous faut demander quelle est l’ancienneté moyenne des gens dans le fonds, et dans l’équipe que vous allez rejoindre, » dit-elle. Cela peut très bien correspondre à celle que vous visez.

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AUTEURSarah Butcher Editrice Monde

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