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Pour les banquiers français, les postes à Paris sont à l’abri des risques politiques – la capitale n’a pas d’équivalent ailleurs

Mauvaise journée lundi pour les actions des banques françaises : celles de BNP Paribas et SocGen ont perdu 5 % au lendemain de la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, après le revers subi par son parti face au RN de Marine Le Pen lors des élections européennes ce week-end. Le scrutin est prévu pour les 30 juin et 7 juillet. Mais malgré la sévère défaite du parti présidentiel et de ses alliés, les professionnels de la finance en France considèrent que le statut relativement nouveau de Paris en tant que centre financier reste solide.

« Les décisions des banques étrangères d’installer des effectifs à Paris sont déjà actées, et elles n'étaient pas liées à la France. Elles ont été motivées par les changements du paysage politique britannique, autrement dit par le Brexit », déclare un quant français senior. « La raison à l’origine du choix de Paris par les établissements financiers américains tient au au mode de vie des personnels seniors, et cela n'a pas changé. Nulle part dans l'UE, un centre financier n’affiche la même attractivité que Paris pour les plus haut gradés de la finance . »

Emmanuel Macron déclarait le mois dernier que la France avait gagné 7 000 nouveaux emplois dans les services financiers entre 2017 et 2022. Citi emploie maintenant 400 personnes à Paris, JPMorgan 900 et Bank of America 750 ; on compte également plus de 400 personnes chez Goldman, qui vient de transférer dans la capitale Dirk Lievens, son responsable FIG EMEA. Morgan Stanley a annoncé le mois dernier qu'elle prévoyait d’installer son nouveau campus européen à Paris, soit 100 postes supplémentaires.

Les équipes Macron ont été saluées par des acteurs majeurs pour les progrès de l’emploi dans les services financiers. Ingrid Garin, responsable Europe des marchés chez BNY Mellon, a indiqué le mois dernier que le gouvernement français apportait un « soutien réel » aux banques en France. La semaine dernière, c’était au tour de Vanessa Holtz, à la tête de Bank of America à Paris, de souligner que la banque se félicitait des projets du gouvernement français de plafonner les indemnités de départ, qui peuvent atteindre trois ans de salaire, même pour les traders très bien payés.

Emmanuel Macron lui-même est au pouvoir jusqu'à la prochaine présidentielle de 2027. Cependant, s'il perd les législatives anticipées le 7 juillet, il pourrait être contraint de nommer un premier ministre issu de l’opposition et n’aurait plus qu’une autorité limitée en matière de politique intérieure.

On note toutefois que pour un managing director d’une banque américaine à Paris, même si la France se retrouve avec un premier ministre d'extrême droite, le risque est faible que les banques américaines tombent en désamour de la capitale. « Apparemment, les banques n’ont pas vraiment de problème à embaucher en Italie ou en Hongrie », dit-il, ajoutant que certaines des politiques de Marine Le Pen semblent pencher sensiblement à gauche. Même si Jordan Bardella devient premier ministre, la plupart des banquiers avec qui nous nous sommes entretenus n’y voient pas de réel danger pour les postes en banque : la France deviendra simplement comme l'Italie de Meloni, et Milan prospère. « Par ailleurs, il suffit de voir à quel point tout le monde craignait Trump, et maintenant les entreprises l'adorent », déclare un banquier senior FIG basé à Paris.

Enfin, pour notre quant autoproclamé expert en politique française, une Assemblée nationale à majorité RN restera sans doute extrêmement prudente. « La priorité de Marine Le Pen sera d'être élue présidente en 2027. Elle saura que tout faux pas sera sévèrement sanctionné par les marchés, donc jusqu'à cette échéance, elle affichera la même prudence qu’un président de banque centrale, » prédit-il.

Voilà pourquoi, selon lui, un Jordan Bardella premier ministre ne prendra sans doute aucune mesure avant 2027 qui viserait à augmenter les impôts ou modifier le régime fiscal des expats, adoré des banquiers étrangers en poste à Paris. « Il ne sait d’ailleurs probablement pas qu’il existe. – Toujours selon lui, « les électeurs de Marine Le Pen sont intéressés au premier chef par l’immigration venue d’Afrique, puis par la sécurité. »

Un VP en poste dans une banque américaine à Paris observe que le tumulte pourrait en fait être une bonne chose : « Les récents efforts de lobbying pour réduire les indemnités de départ et obtenir plus de flexibilité sur les licenciements pourraient s’en trouver freinés, et ce serait bénéfique pour nous », observe-t-il.

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AUTEURSarah Butcher Editrice Monde

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