L’IA transforme les métiers du private equity. Voici comment.
Les fonds de private equity sont désormais imprégnés d’intelligence artificielle. Ils l’utilisent pour dynamiser le travail des professionnels du secteur. Ils investissent aussi massivement dans l’industrie de l’IA.
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Les fonds de capital-investissement injectent des sommes considérables dans l’ensemble de l’écosystème IA. À la mi-2026, Blackstone indiquait prévoir investir à lui seul 100 milliards de dollars dans son portefeuille de centres de données à l’horizon fin 2026, et 300 milliards de dollars sur la même période dans la production de puces destinées à l’IA.
L’IA transforme également la manière dont les professionnels du private equity exercent leur métier. Dès la mi-2024, elle était déjà utilisée pour aider les fonds de PE à identifier des entreprises dans lesquelles investir, à évaluer la pertinence des investissements potentiels et à mener des due diligences en vérifiant les déclarations des entreprises quant à leurs performances.
En mai 2026, John Stecher - CTO de Blackstone, expliquait que l’IA permettait au groupe de passer au crible et d’évaluer dès le début et très rapidement les investissements potentiels. « Ce qui nécessitait auparavant un week-end entier peut désormais se faire en quelques minutes », déclarait-il alors. « Nous utilisons également l’IA dès les premières phases de notre processus de sélection. L’IA nous permet d’évaluer les opportunités plus rapidement, de dire non plus rapidement et de consacrer plus de temps aux investissements que nous considérons comme les plus qualitatifs. »
KPMG relevait aussi en mai que, lorsque l’IA est utilisée pour des tâches telles que l’analyse de la concurrence et celle des données financières internes, le temps nécessaire peut passer de plusieurs semaines à seulement quelques jours.
Si les fonds de PE peuvent utiliser l’IA pour examiner un très grand nombre d’entreprises potentielles dès le début du processus, le jugement humain reste nécessaire aux stades ultérieurs du processus d’investissement. Le simple fait qu’une IA considère un investissement comme intéressant ne signifie pas qu’il se concrétisera. C’est bien l’humain qui aura le dernier mot.
Les fonds de private equity utilisent également l’IA pour améliorer les entreprises dans lesquelles elles investissent. En mai 2026, Bain Capital a conclu un accord avec OpenAI afin d’intégrer l’IA à l’ensemble des sociétés de son portefeuille. Bain précisait alors que ces entreprises se concentreraient sur la croissance du chiffre d’affaires, notamment grâce à « un développement plus rapide des produits et une amélioration de l’expérience client ».
L’IA peut faire une grosse différence. Un rapport du cabinet de conseil BCG, publié en janvier 2026, donne plusieurs exemples de la manière dont elle a amélioré les opérations de sociétés en portefeuille : un gestionnaire d’actifs a optimisé son service client quand une entreprise de cosmétiques « redéfinissait » sa chaîne d’approvisionnement. Le premier a réduit ses dépenses de 30 %, la seconde ses coûts de logistique de 3 %.
« L’IA devient rapidement l’une des principales opportunités de création de valeur sur l’ensemble du portefeuille », note le rapport du premier semestre 2026 de Bain sur le private equity. « Les efforts de réduction de coûts constituent souvent un premier axe de travail, mais l’IA participe aussi à l’accélération du développement produits, l’amélioration des ventes et l’acquisition de clients, permettant ainsi une sophistication plus poussée des prix », entre autres avantages.
Pourtant, tout n’est pas positif. Comme nous le relevions l’an dernier, l’IA est susceptible de réduire les besoins en profils juniors du PE pour analyser les deals, et elle peut aussi éliminer certains investissements potentiels — non pas directement en les écartant lors de la sélection, mais parce que l’IA générative transforme le cadre d’exploitation et rend certaines entreprises non viables à terme.
Après l’introduction de Claude Cowork en février 2026, les actions des éditeurs de logiciels ont chuté d’environ 25 % par rapport à leurs plus hauts niveaux des douze mois précédents, sur fond de craintes que l’IA elle-même puisse remplacer les logiciels. Des fonds de crédit privé comme Blue Owl et Apollo avaient investi dans des entreprises telles que Perch, un agrégateur de marques Amazon, ce qui a poussé certains investisseurs à tenter de récupérer leur mise, conduisant au bout du compte à une pause des rachats.
À mesure que l’IA avale tout sur son passage, les fonds de private equity recrutent de plus en plus d’experts du domaine. À titre d’exemple, on trouve actuellement en ligne sur le site d’Apollo une annonce pour un poste d’« AI Solutions & Quantitative Strategist » au niveau Associate : les candidats seront censés « faire le lien » entre les équipes de quants et d’investissement hybride du groupe, afin de « faire en sorte que les initiatives liées à l’IA soient concrètes, à fort impact et intégrées aux flux de travail quotidiens ».
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