Décrocher un poste en M&A : c’est maintenant ou jamais
Si vous n’avez pas réussi à trouver de poste en M&A l’an dernier, et que vous n’y parvenez toujours pas cette année, le destin n’est peut-être pas de votre côté. De nombreux banquiers M&A ont été recrutés l’an dernier. Cette année, on parle d’une véritable folie du M&A, comme il ne s’en produit qu’une fois par décennie.
Troy Rohrbaugh, co-CEO de la division Commercial and Investment Bank de JPMorgan, déclarait le 10 février, lors de la UBS Financial Services Conference, que la banque avait recruté 1 000 personnes en front office l’an dernier, dont environ 333 « banquiers seniors ». Cette année, le co-responsable Global Banking Filippo Gori indique que JPMorgan souhaite recruter encore plus de banquiers en Europe, où la banque entend « embaucher dans tous les pays, pratiquement dans toute la région ».
Si JPMorgan ne vous convient pas, les alternatives ne manquent pas. Financial News souligne qu’UBS souhaite recruter 25 managing directors supplémentaires, en sus des 25 déjà embauchés l’an dernier, en se focalisant en particulier sur le marché américain. Deutsche Bank aussi recrute 60 banquiers supplémentaires et cible les États-Unis. Wells Fargo envisage d’embaucher encore 25 à 30 banquiers seniors. Seule Barclays semble hésitante, confiant avoir réalisé les
« investissements » et « acquis les talents », et espère désormais voir les revenus affluer.
Avec un peu de chance, ils afflueront abondamment. Les CEO intervenant à la conférence se sont montrés incroyablement optimistes quant aux perspectives de l’année. « Je pense que cette année pourrait vraiment être l’une des meilleures depuis très longtemps en M&A, ou du moins se situer dans le décile supérieur », a déclaré Troy Rohrbaugh. « Concernant le marché du M&A, je pense que l’année pourrait se situer dans le quartile supérieur, voire dans le décile supérieur en termes d’opportunités », a estimé David Solomon chez Goldman Sachs.
Cet enthousiasme laisse apparaître en filigrane l’idée que les fonds de private equity commencent à désespérer. Ils doivent vendre leurs investissements existants et ne peuvent plus se permettre d’attendre indéfiniment un bon prix. « Ils doivent restituer le capital, qu’ils vendent des actifs sur le marché M&A ou qu’ils les introduisent en bourse, ils doivent rembourser davantage de capital », a également déclaré David Solomon. Les fonds de private equity ont vraiment besoin d’« événements de liquidité » en 2025, a opiné Troy Rohrbaugh, avant d’indiquer dans le même temps une évolution des « corridors commerciaux » : « du Moyen-Orient vers l’Asie, du Moyen-Orient vers l’Europe, du Moyen-Orient vers l’Amérique latine, de l’Asie vers l’Europe », et ceci aussi crée des opportunités.
Le recrutement de banquiers seniors est généralement suivi par celui de banquiers juniors. Les vice presidents expérimentés sont très recherchés, mais les associates pourraient bien suivre. Le seul danger serait un événement cygne noir devenu ces dernières années cygne blanc. Troy Rohrbaugh a d’ailleurs noté qu’il était tout aussi optimiste début 2025 : « Et puis il y a eu le 2 avril. »
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